La réponse de la Commission Européenne pour l’initiative Stop Finning

La réponse de la Commission Européenne pour l’initiative Stop Finning

 

La Commission européenne et Virginijus Sinkevicius, commissaire européen, reconnaissent l’importance des requins et leur protection. Ce qui est déjà une belle victoire pour les requins ! Nous allons creuser un peu plus en détail la réponse.

L’interdiction du commerce d’ailerons détachés soulève des préoccupations quant à ses impacts socio-économiques car la flotte de l’UE concernée pêcherait moins de requins en eaux internationales. D’après la Commission, une telle réduction d’activité pourrait ouvrir la voie à des pratiques moins durables de la part des pêcheries non-UE. Par conséquent, toute action entreprise au niveau de l’UE doit être complétée par des mesures au niveau international afin d’assurer des conditions de concurrence équitables et des effets environnementaux positifs.

Cette année, la Commission va donc :

  • “Commencer sans délai les travaux préparatoires en vue de lancer, d’ici la fin de 2023, une évaluation de l’impact sur les conséquences environnementales, sociales et économiques de l’application de la politique des “ailerons naturellement attachés” à la mise sur le marché des requins dans l’UE, que ce soit pour la consommation au sein de l’UE ou pour le commerce international (importations et exportations).”
  • “Examiner, d’ici la fin de 2023, les meilleurs moyens juridiques pour demander des informations plus détaillées afin d’identifier les espèces de requins et leurs produits respectifs lors des importations et des exportations, et prendre une décision en vue de son entrée en vigueur au plus tard le 1er janvier 2025.”
  • “Renforcer la manière dont la législation de l’UE est appliquée en ce qui concerne le suivi des activités de pêche et de marché, les mesures de contrôle concernant la transformation et la commercialisation, ainsi que les importations et les exportations de produits de requin, ainsi que les règles de traçabilité et d’étiquetage.”
  • “Prendre des mesures supplémentaires au niveau international et plaider en faveur d’une action accrue pour protéger les requins en danger et veiller à ce que les populations de requins commerciaux restent en bonne santé. Elle visera à interdire efficacement le démembrement des requins dans le monde entier, à assurer un contrôle efficace des flux commerciaux de produits de requin à l’échelle mondiale, et à réduire la demande de produits de requin provenant de pêcheries non durables.”

L’histoire de “Stop Finning – Stop the Trade” n’est donc pas encore terminée et elle prend plus que jamais une direction très positive. Il y a des mesures concrètes qui vont être prises par la Commission européenne.

Dans les mois à venir, nous veillerons à ce que la voix de 1,1 million de citoyens européens soit entendue. Nous resterons en première ligne pour définitivement mettre en terme au commerce d’ailerons de requins en Europe !

Merci pour votre soutien et votre engagement !

Fin juillet, le commissaire européen Virginijus Sinkevicius a fait une visite au port de Vigo, la principale plaque tournante du commerce du requin en Europe. Habituellement, dans ce port, jusqu’à 8 navires de pêche débarquent des requins chaque semaine. Mais lors de la visite du commissaire, aucun requin n’a été débarqué.

Si l’industrie de la pêche ne peut pas montrer ses opérations quotidiennes lors de la visite des représentants de l’UE, alors que cachent-ils ?

Valorisation des sciences participatives en Méditerranée française pour la protection des espèces rares et menacées d’élasmobranches

Valorisation des sciences participatives en Méditerranée française pour la protection des espèces rares et menacées d’élasmobranches

 

Lapinski Matthieu, PONS Miquel, Van AALDERINK Eline, CROS Eric, MARESCOT Lucile, CORNIL Laetitia, AUSCHER Fabrice ont récemment publié un rapport intitulé “Assistance à la synthèse et à la valorisation des sciences participatives en Méditerranée française en vue d’un plan d’actions pour les espèces rares et menacées d’élasmobranches”. Ce rapport, commandité par l’Association AILERONS, présente une étude approfondie sur les espèces d’élasmobranches rares et menacées dans la région méditerranéenne française, en mettant l’accent sur l’utilisation des sciences participatives pour la collecte de données et l’élaboration d’un plan d’actions.

Objectif de l’étude :

L’objectif principal de l’étude réalisée était de rassembler des données sur les espèces rares et menacées d’élasmobranches en Méditerranée française en utilisant des approches de sciences participatives. Les sciences participatives impliquent des citoyens, des pêcheurs, des plongeurs et d’autres parties prenantes dans la collecte de données scientifiques, ce qui permet d’obtenir des informations à plus grande échelle et plus complètes sur les espèces étudiées.

Méthodologie :

Les chercheurs ont mis en place un réseau de collecte de données participatives en collaborant avec des associations locales, des clubs de plongée et des pêcheurs professionnels. Les observations ont été enregistrées à l’aide d’applications mobiles et de formulaires en ligne, ce qui a permis de recueillir un grand nombre de données sur les espèces d’élasmobranches présentes dans la région.

  • Regroupement des données de 15 organismes de sciences participatives
  • Données de 1964 jusqu’en 2021, avec une augmentation des observations depuis les années 2000 et un pic en 2019
  • Echantillonnage de l’ensemble de la façade de Méditerranée française
  • 771 contributeurs.
  • 19 taxons de requins et 17 taxons de raies 36 taxons au total

Résultats :

Les résultats de l’étude ont mis en évidence la présence de nombreuses espèces menacées d’élasmobranches en Méditerranée française, y compris des requins et des raies endémiques. Les données collectées ont fourni des informations précieuses sur la répartition géographique, l’abondance et les habitats préférentiels de ces espèces. Ces informations sont essentielles pour élaborer des mesures de conservation efficaces et pour promouvoir une gestion durable des populations d’élasmobranches.

Répartition des observations des 6 espèces d’élasmobranches les plus contactées au sein des programmes de sciences
participatives recensés en Méditerranée française. (Lapinski et al 2022)

Conclusion :

Le rapport constitue une contribution précieuse à la conservation des élasmobranches dans la région. En combinant l’expertise scientifique et la participation citoyenne, cette étude met en évidence l’importance des sciences participatives pour la collecte de données et la sensibilisation du public à la protection de la biodiversité marine. Les recommandations formulées dans le rapport fournissent une base solide pour la mise en œuvre de mesures de conservation efficaces et pour la préservation des espèces d’élasmobranches menacées dans la Méditerranée française.

 

Lapinski Matthieu, PONS Miquel, Van AALDERINK Eline, CROS Eric, MARESCOT Lucile, CORNIL Laetitia, AUSCHER
Fabrice (2022). Assistance à la synthèse et à la valorisation des sciences participatives en Méditerranée française
en vue d’un plan d’actions pour les espèces rares et menacées d’élasmobranches. Rapport Association AILERONS,
Montpellier, France. 30 p. + Annexes

Synthèse disponible sur demande.

Tableau regroupant les organismes gestionnaires de données associées aux élasmobranches en Méditerranée française consulté dans le cadre de l’étude (Lapinski et al 2022)

 

L’Atlas des Chondrichtyens de France métropolitaine : Un aperçu de la richesse des poissons cartilagineux

L’Atlas des Chondrichtyens de France métropolitaine : Un aperçu de la richesse des poissons cartilagineux

 

Les poissons cartilagineux, connus sous le nom scientifique de chondrichtyens, sont un groupe qui englobe des espèces emblématiques telles que les requins, les raies et les chimères. La France métropolitaine, avec ses côtes diversifiées et ses écosystèmes marins uniques, abrite une riche variété de ces espèces.

Un atlas a été créé dans le but de ?

  • Protéger les populations (requins, raies, chimères)
  • Enrichir les connaissances sur ces espèces : répartitions, écologie, statut de conservation
  • Rendre compte sur la vulnérabilité des espèces face aux divers engins de pêches
  • Sensibiliser les lecteurs à propos de ces différentes espèces parfois méconnues qui peuplent nos eaux territoriales

Une initiative du Muséum National d’Histoire Naturel (MNHN) et de l’UMS Patrinat, pour le programme de mesure Directive cadre Stratégie Milieu Marin, qui comprend toutes les actions misent en place pour assurer le bon état écologique des divers composants de la biodiversité. Afin de mettre en place un Plan d’Action pour le Milieu Marin, qui vise à maintenir ou restaurer le bon fonctionnement des écosystèmes marins.

L’atlas est organisé de manière claire et concise, facilitant ainsi la recherche d’informations sur une espèce particulière ou sur une zone géographique spécifique. Il présente des descriptions détaillées de chaque espèce de chondrichtyens présente en France métropolitaine, accompagnées de photographies, de cartes de répartition.

 

Grâce à quelles données ?

Des données recueillies depuis 2003 jusqu’à 2021. Qui proviennent:

  • De la pêche professionnelle, notamment du programme Obsmer « Observation des captures de pêche en mer »,
  • De campagnes scientifiques telle que Datras qui conduit des opérations de chalutage scientifique dans la même zone et à la même période chaque année depuis les années 80,
  • Des sciences participatives avec par exemple l’observatoire ELASMED de l’association Ailerons, qui répertorie les observations d’élasmobranches en mer méditerranée.

La compilation de ces données a permis la création de cartes rassemblant toutes les observations recensées (2003 à 2021) des espèces, comme en exemple ci-dessous avec  à gauche les occurrences brutes des diables de mer (Mobula mobular) dans le golfe du Lion et à droite une photo de diables de mer:

 

En explorant l’atlas, on découvre rapidement la diversité étonnante des chondrichtyens présents en France métropolitaine. Des requins emblématiques tels que, le requin pèlerin (Cetorhinus maximus) et le requin-renard (Alopias vulpinus) y sont répertoriés, aux côtés de raies telle que la raie pastenague (Dasyatis pastinaca). L’atlas met également en lumière des espèces moins connues mais tout aussi fascinantes, comme les chimères (Chimaera monstrosa) et les raies guitares (Rhinobatos rhinobatos). Il met en évidence les zones côtières où ces animaux sont les plus fréquents, ainsi que les aires de reproduction et de nurserie essentielles à leur cycle de vie. Ces informations sont cruciales pour la conservation des chondrichtyens, qui font face à des défis tels que la surpêche, la destruction de leur habitat et le changement climatique.

 

En conclusion, l’Atlas des Chondrichtyens de France métropolitaine est une ressource inestimable pour la connaissance et la préservation de ces poissons cartilagineux fascinants. Il offre une perspective unique sur la diversité des espèces présentes en France métropolitaine, leur répartition géographique et leur écologie. Que vous soyez un passionné de la vie marine, un chercheur ou un professionnel travaillant dans le domaine de la conservation, cet atlas est un outil essentiel pour mieux comprendre et protéger ces animaux marins.

L’Atlas des Chondrichtyens de France métropolitaine, disponible en ligne à l’adresse: 

https://bookdown.org/umspatrinat_cellule_poissons/Atlas_chondrichtyens_France/