J’agis

Chacun de nous peut décider de faire le bon choix, en tant que citoyen ou consommateur

De nos jours, plus de 50% de requins et raies de méditerranée sont menacés d’extinction. Bon alors concrètement, comment on fait pour agir et avoir un réel impact?

Comment je peux agir en tant que :

Citoyen

Comment agir?

En tant que citoyen, je dispose d’un droit de vote et de mobilisation pour faire valoir mes convictions.

En tant que consommateur, j’ai la capacité de choisir des produits durables pour les espèces marines.

Deux étapes, je m’informe et j’agis !

Ainsi pour agir au mieux à mon échelle, je peux :

  • Parler de l’urgence de protéger les requins et raies autour de moi.
  • Prendre part à des initiatives citoyennes telles que “Stopfinning” qui visent à mettre un terme au commerce des ailerons dans l’UE.
  • S’investir dans une association comme AILERONS en partageant une partie de mon temps à la protection des espèces menacées d’extinction.
  • Arrêter de consommer de la chair de requin ou de raie, des cosmétiques contenant du squalane et squalène de requin et indirectement via des poissons issus de la pêche non sélective et non durable. Plusieurs espèces de requins se cachent derrières des appellations trompeuses telles que la « saumonette » ou le « chien de mer ». Sous ces appellations, les revendeurs peuvent alors vendre des espèces de requins menacées ou interdites à la pêche sans que je n’en sois informé.

Je suis pêcheur

Comment agir?

En tant que pêcheur, je suis un acteur majeur de la préservation des requins : 

Aujourd’hui plus de 50% des espèces de requin et de raie en méditerranée sont menacés d’extinction.

Vous êtes pêcheur ? et l’avenir des ressources vous préoccupe ? Alors agissez :

  • Relâchez vos prises : Les requins jouent un rôle majeur dans l’équilibre des écosystèmes. Chaque jour des espèces menacées sont péchées, menant peu à peu à leur disparition. En moins de 50 ans près de 90% de la population des grands requins a disparu. Si vous pêchez des raies ou des requins, il est important de les relâchez pour préserver ces espèces en voie de disparition !
  • S’informer sur les espèces : il est important de pouvoir reconnaitre les espèces menacées. C’est pourquoi Ailerons a mis en place un guide de pêche qui vous permettra de reconnaitre les espèces de requins ou de raies interdites à la pêche, que vous pouvez capturer malencontreusement. Ce guide vise à augmenter le taux de survie en cas de capture accidentelle.
  • Devenir un pêcheur éco-responsable : adoptez des pratiques No-Kill et demandez votre kit d’échantillonnage et aidez Ailerons en partageant vos observations et en récoltant des échantillons génétiques! Vous pouvez rejoindre les projets de sciences participatives : pêcher, relâcher, informer.

Restaurateur

Comment agir?

 

En tant que restaurateur, j’ai le choix d’arrêter de proposer des espèces menacées d’extinction à mes clients. 

Les requins sont menacés partout dans le monde, 90% des populations de requins ont déjà disparu en Méditerranée, la cause : la consommation excessive de chair de requin en France et dans toute l’Union Européenne.

Comment agir ?

  • Prendre conscience de la disparition des requins –
  • S’engager à ne pas proposer de requins
  • Être attentif à son approvisionnement en poissons

Pour aider à réduire la consommation de requin dans vos restaurant vous pouvez rejoindre la campagne « Pas de requin dans mon assiette » par longitude 181. (https://www.longitude181.org/)

Je suis poissonnier

Comment agir?

 

En tant que poissonnier, j’ai un rôle majeur dans le choix des produits que je propose. 

La chair de requins et de raies concentrent fortement des polluants (mercure, etc.), impactant directement les consommateurs

Outre le fait de présenter des risques pour la santé des consommateurs, les requins et raies sont souvent de pratiques de pêche non durables pour les écosystèmes marins.

Vous êtes poissonnier ? et vous êtes sensibles aux produits que vous vendez ? Alors agissez :

  • Pour agir et aider à la protection des raies et des requins je fais attention aux espèces que je commercialise. Ailerons a élaboré un guide des espèces interdites
  • Je mets en place un étiquetage conforme à la réglementation en évitant l’usage de noms peu transparents (saumonette, veau de mer, etc.). Je privilégie ainsi : nom commun et latin de l’espèce, origine de la zone de pêche et engin utilisé. 
  • Je peux aussi m’approvisionner auprès de fournisseurs précis sur leurs techniques de pêche et les produits qu’ils vendent pour être sûr de la transparence des produits que je vends.

Je suis un point de vente de cosmétique

Comment agir?

En tant que revendeur de produits cosmétiques et nutraceutiques, j’ai un rôle indirect mais majeur dans la protection des requins et raies. 

Le squalène d’origine animal, fortement présent dans le foie des requins, est un élément gras et hydratant utilisé dans la formulation de cosmétiques et nutraceutiques. La plupart des marques ne précise pas la sorte de squalane présente dans leurs produits, on ne peut donc pas savoir si c’est du squalane végétal ou animal.

 

Vous êtes un point de vente de produits cosmétiques et / ou nutraceutiques ? Alors agissez :

  • Pour agir et aider à la protection des raies et des requins je fais attention à la provenance de certains produits que je revends: notamment à l’appellation des composants.
  • J’exclue les marques qui exploitent directement ou indirectement des espèces de requins et de raies menacées d’extinction, ou n’étant pas assez transparentes sur les provenances et les techniques d’approvisionnement. Ailerons élabore un guide d’approvisionnement en ce moment même ! 
  • Je me renseigne auprès des fournisseurs sur leur mode d’approvisionnement.
  • Je privilégie des produits certifiés par des labels « sans produits d’origine animale« .

Squalène et produits dérivés

Synthèse sur la Squalane

Produits de beauté et pharmaceutique

Si l’un de vos produits de beauté comporte la mention « squalane », alors il n’est pas impossible qu’il s’agisse de squalane issu de l’exploitation de foie de requins profonds et non d’origine végétale (olive ou canne à sucre).

Suite à l’analyse de 62 crèmes différentes, l’association BLOOM a en effet mis en évidence qu’un produit sur cinq contenait du squalane d’origine animal…

Or on estime à trois millions le nombre de requins profonds tués chaque année pour répondre spécifiquement à la demande internationale en squalane!

En ce qui concerne les médicaments, en général, c’est comme le Port Salut… Oui c’est écrit dessus!

Voir : https://www.asso-ailerons.fr/non-classe/du-requin-dans-nos-cremes-de-beaute/

Requin et toxicité

Etude sur la concentration de mercure dans les requins

Généralité mercure et bioaccumulation

Le mercure est un élément présent naturellement sur Terre avec comme source potentielle les éruptions volcaniques ainsi que les feux de forêts. Néanmoins, les activités humaines ont drastiquement augmenté les émissions de mercure, notamment à cause de l’utilisation de ce dernier dans les activités minières et pétrolières. Depuis octobre 2013, la convention de minamata (https://www.mercuryconvention.org) a été ratifiée par de nombreux pays afin de réguler les émissions de mercure dans l’environnement. 

Le mercure (Hg) est un élément trace métallique assimilable par les organismes vivants sous une forme chimique biodisponible et très toxique: le méthylmercure (MeHg). Le méthylmercure est stable et possède une forte affinité pour les protéines. Il va ainsi pouvoir s’accumuler dans les organismes (bioaccumulation) et se propager le long de la chaîne alimentaire (bioamplification) (Kibria et Haroon, 2015). Le mercure entre dans la chaîne alimentaire suite à la consommation de proie contaminée et/ou directement par les branchies (Vermont department of Environmental Conservation, 2003).  La concentration de mercure dans l’organisme va dépendre de la position de l’organisme dans la chaîne alimentaire, de sa taille, de son âge ainsi que de la durée pendant laquelle il sera exposé (Havelkova et al, 2008).

Ces 2 processus (bioaccumulation et bioamplification) amènent à de fortes concentrations de mercure chez les requins. Ce sont le foie et les muscles qui possèdent les concentrations les plus élevées, notamment à cause de l’affinité du mercure avec les protéines ainsi que de par le rôle d’accumulateur et de détoxifiant de contaminants du foie (havelkova et al., 2008). Ces concentrations sont généralement plus élevées que chez les autres espèces de poissons couramment consommées. Chez les requins, les Carcharhiniformes et les Lamniformes présentent les plus fortes concentrations de mercure dans les tissus musculaires (Tiktak et al., 2020). 

Mercuroussette

Initié en 2012 par Ailerons dans le cadre d’un partenariat avec l’Université de Montpellier, Mercuroussette est un projet ayant pour objectif de mesurer la concentration en mercure de roussettes (Scyliorhinus canicula) pêchées dans l’est du Golfe du Lion. Les requins étant extrêmement pollués par le mercure et la roussette étant un poisson vendu dans les poissonneries, nous avons cherché à connaître les niveaux de mercure chez ce poisson afin de le comparer aux normes fixés pour la consommation de poissons par l’OMS. En décembre 2012, 50 individus furent disséqués par des étudiants de licence EBO et les échantillons envoyés au laboratoire d’analyse de l’Ifremer de Toulon. Les niveaux de mercure mesurés ont été comparés au seuil de consommation préconisé par l’OMS. Ainsi, 86% des échantillons présentaient une concentration en mercure supérieure à la limite de 0.5 mg.kg-1 préconisée. De plus, les roussettes possédaient une concentration de mercure moyenne de 1.84mg.kg-1, soit une teneur en mercure 3,68 fois supérieure à la dose préconisée par l’OMS.  La consommation de roussettes méditerranéennes présente donc un risque pour la santé humaine. En définitive, L’association Aileron conseille donc d’éviter la consommation de ce poisson afin d’éviter tout impact négatif sur la santé humaine.

En moyenne 1,84 µg.g -1 pf de mercure  soit 1.84mg.kg-1 : L’OMS recommande de ne pas consommer de poissons contenant plus de 0,5mg de mercure par kilogramme ; aux Etats-Unis, la norme est de 0,3mg/kg

Contamed

Un travail à long terme fut engagé par l’Ifremer au travers du projet Contamed pour confirmer les tendances observées lors du projet Mercuroussette. Débuté en juin 2012, il a pour but de présenter les résultats de contaminations en métaux lourds, PCB et PBDE dans les tissus de quatre espèces de poissons en Méditerranée française – merlu, rouget, roussette et sébaste. Les  PCB (polychlorinated biphenyls) et PBDE (polybrominated diphenyl ethers) sont des polluants organiques persistants (POPs) et dont leurs usages ont été respectivement utilisés dans les produits plastiques (PCBs) ainsi qu’en tant que retardateur de flammes (PBDE). Ayant une très longue durée de vie et étant toxiques pour l’environnement, leur utilisation à été régulé voir banni par la convention de Stockholm. Néanmoins et malgré leur interdiction, ces polluants seront encore présents dans l’environnement pour de nombreuses années et leur toxicité continuera à induire des impacts négatifs sur l’environnement.

Sur les 531 échantillons de muscle analysés pour déterminer leur concentration en mercure (échantillons issus de 109 merlus, 150 rougets, 142 roussettes et 129 sébastes), il ressort que la petite roussette et le sébaste chèvre sont les animaux qui présentent les concentrations en mercure les plus élevées. Ce sont également eux qui présentent les plus importants pourcentages d’individus dont les seuils de concentration au mercure sont supérieurs au seuil réglementaire.

 La convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants a été adoptée en 2001 en Suède et vise à protéger la santé humaine et l’environnement des polluants organiques persistants. http://www.pops.int/TheConvention/Overview/tabid/3351/Default.aspx

Mécanisme de détoxification et impact du mercure sur la roussette.

Comme dit précédemment, le foie est le principal organe de détoxification de ces contaminants et de nombreux effets délétères peuvent avoir lieu parmi les espèces de requins. Des impacts ont été identifiés au niveau du cerveau du fait des propriétés neurotoxiques du mercure (Hauser Davis, 2020). Les gonades pourraient aussi s’avérer être impactées, entraînant une altération de la mobilités des spermatozoïdes et une disruption des sécrétions hormonales chez les mâles (Hauser Davis, 2020). Au-delà de l’enjeu de consommation, la présence de mercure se révèle également problématique pour la physiologie de nombreuses espèces de requins. Les niveaux relevés pourraient rendre plus vulnérables les populations du fait de l’altération des fonctions reproductrices. De plus amples études sont donc nécessaires afin d’identifier l’impact du mercure sur les populations de roussettes, et plus généralement des espèces de requins en Méditerranée.

Bilan

Le mercure est particulièrement présent dans les tissus musculaires des requins et à une concentration qui peut gravement affecter la santé humaine en cas de consommation régulière. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le mercure est toxique pour les systèmes nerveux. Sa consommation peut entraîner des troubles neurologiques et comportementaux (OMS, 2017). De plus, selon l’Agence de la Protection environnementale des États-Unis, la consommation hebdomadaire de requins dépasserait de trois fois la limite maximale de consommation de mercure qu’elle recommande – max. 113g hebdomadaire par adulte. Ces niveaux sont très  préoccupants puisqu’ils pourraient causer des impacts physiologiques notables sur la santé humaine et la santé des populations de requins. Nous préconisons donc la prudence sur la consommation de ces poissons, voire aucune consommation de produits contenant du requin (steak, darne, cartilage et huile). 

Attention : De nombreuses espèces de requins (roussette, peau bleue, etc.) peuvent être vendues sous des noms vernaculaires – saumonette, veau de mer – induisant chez le consommateur des erreurs d’appréciation de l’espèce commercialisée. Au regard de l’enjeu sanitaire qu’il y a derrière, il semble essentiel de bien s’informer et se renseigner sur les produits mis en vente dans les poissonneries et autres distributeurs.