Appel à idées AILERONS

Participez à l’appel à idées afin de prendre part au projet de création d’un logo d’un indicateur citoyen de consommation. L’appel est ouvert à tous du 11 au 31 juillet !

Un lot d’articles de notre boutique à gagner ! 

A l’instar du nutriscore ou de l’ecoscore, l’indicateur AILERONS vise à informer le consommateur sur les produits contenant potentiellement des espèces de requins ou de raies. Cet indicateur donnera une garantie sur l’origine végétale des produits (ex: squalane). Le squalane étant une molécule produite principalement par les requins, mais aussi chez certains végétaux. Très présente dans les cosmétiques, compléments alimentaires, médicaments, nourriture pour animaux de compagnie, … Elle représente un réel danger pour la population de requins, surexploitée pour cette huile.

C’est la raison pour laquelle nous recherchons des idées pour représenter cet indicateur !

Envoyez vos créations à l’adresse : indic.ailerons.conc@gmail.com

A vos crayons !

Règlement ici RÈGLEMENT DE JEU concours_VF

Soutien de l’UE pour la protection des requins lors de la prochaine Conférence des Parties (CoP19)

A propos de cette 19ème CoP

La 19ème session de la Conférence des Parties (CoP19) aura lieu au Panama en novembre 2022. Le ministre de l’Environnement du Pays, M. Milciades Concepción et le secrétaire général de la CITES ont signé l’accord avec le pays hôte le 14 septembre 2021. La conférence des Parties (CoP) se tient généralement une fois tous les trois ans, avec des sessions intermédiaires du comité. 

Les propositions d’inscription sont soumises à l’avance par les Parties, puis discutées lors de la CoP. Cette CoP19 (conférence des parties à la convention sur le commerce international des espèces de faune et flore sauvage menacées d’extinction « CITES ») est très importante, notamment dans la conservation des requins puisque l’UE a annoncé son soutien à la proposition de la CITES concernant la protection de ces organismes.

Quel avenir pour les requins ?

Cette décision a fait suite à un soutien écrasant des autorités scientifiques et de gestion nationale lors des réunions de coordination de l’UE au cours des derniers mois. Cette proposition présentée par le Panama et co-sponsorisée par l’UE vise à faire entrer l’essentiel du commerce d’ailerons de requins dans les limites du commerce durable pour la première fois dans l’histoire. L’UE a également précisé vouloir renforcer la protection des petits requins marteaux. 

La décision des 27 États membres de soutenir l’inscription à l’annexe II de toutes les espèces de la famille des requins requiem (requins de la famille des Carcharhinidae, dans l’ordre dans Carcharhiniformes) permettra d’apporter un réel soutien lorsque les 184 parties se réuniront à la CITES en novembre prochain. L’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux) souligne que même si plusieurs espèces de requins ont été inscrites à l’annexe II depuis 2013, seulement 25% du commerce mondial d’ailerons de requin est aujourd’hui géré de manière durable. L’IFAW soutient donc la décision prise par l’UE notamment en raison de la sortie en mars 2022 d’une publication sur l’implication de l’UE dans le commerce d’ailerons et de chaires de requin. Un rapport qui montrait que l’UE était responsable de 45% des importations des produits de base contenant du requin. Cette dernière a assumé sa responsabilité et s’engage à mieux gérer ce commerce dont elle est un des principaux contributeurs. 

Seulement, la CITES n’est pas parfaite, il s’agit d’une mesure pour protéger les espèces menacées, mais, des limites strictes de pêches doivent être mises en place pour une conservation efficace des ces organismes. De plus, elle n’empêche pas le commerce local, seulement les échanges internationaux.  

Pour l’instant,  la pétition citoyenne « Stop finning » n’a pas été spécifiée, peut-être celle-ci sera-t-elle mentionnée et prise en compte lors de la CoP19. Ainsi, pouvons-nous espérer des mesures plus strictes et des méthodes plus efficaces pour la préservation des requins. 


Tableau 1. Espèces de requins qui vont être proposées d’ajouter à l’annexe II de la CITES lors de la CoP19. Leur nom vernaculaire, scientifique, leur statut UICN mondial et Méditerranéen sont présentés.

En 2013, lors de la CoP16, trois espèces de la famille des Sphyrnidae  (le requin marteau halicorne (Sphyrna lewini), le requin-marteau commun (Sphyrna zygaena) et le grand requin marteau (Sphyrna mokarran)) ont été adoptées par la CITES dans l’annexe II.  Pour aller plus loins, l’EU propose que tous les requins-marteaux restants soient également inscrits à l’Annexe II de la CITES aux côtés du requin marteau tiburo (Sphyrna tiburo) en tant qu’espèces sosies, plaçant ainsi les neufs espèces de requins-marteaux sous la réglementation du commerce international.

Au regard de ce tableau, on peut réaliser que les données en Méditerranée concernant les requins restent malheureusement insuffisantes. La situation des espèces de cette liste présentes en Méditerranée reste donc obscure dans cette zone.


Références

  • Une décision historique de l’UE pour la protection des requins [WWW Document], n.d. . Peuple-Animal.com. URL https://www.peuple-animal.com/article,lecture,3306_une-decision-historique-de-l-ue-pour-la-protection-des-requins.html (accessed 6.27.22).
  • Nineteenth meeting of the Conference of the Parties | CITES [WWW Document], n.d. URL https://cites.org/eng/cop19 (accessed 6.27.22).
  • EU milestone decision to support sharks, congratulated by ifaw [WWW Document], n.d. . IFAW. URL https://www.ifaw.org/international/press-releases/eu-milestone-decision-to-support-sharks-congratulated-by-ifaw?utm_source=SFMC&utm_medium=email&ms=IONDN200401002&cid=7013k000000swG8 (accessed 6.27.22).
  • McGuire, D., 2021. PROTECTING SHARKS UNDER CITES. Shark Stewards. URL https://sharkstewards.org/what-sharks-are-listed-under-cites/ (accessed 6.27.22).
  • CITES CoP19 [WWW Document], n.d. . CITES Sharks and Rays. URL https://citessharks.org/cop19proposals (accessed 6.30.22).

 

Entretien avec une étudiante de l’EGPN

Citoyen anonyme

Flora Plouzeau jeune étudiante, nous a contacté afin de réaliser un entretien avec Martin Grau, notre vice-président afin de mieux cerner la situation du commerce de requin en Europe.


A propos de Flora

Flora vient de terminer sa première année de licence de Gestion et Protection de la Nature au cours Diderot à Montpellier mais est aussi une membre de l’association !  Flora a choisi de s’intéresser à ce sujet après la réussite médiatique que l’initiative citoyenne européenne “Stop Finning” a remporté en janvier 2022.

Son objectif serait de devenir biologiste marin. Elle va réaliser un stage à Kapnatirel en Guadeloupe sur le suivi de populations de requins, espèces qui lui tiennent par ailleurs particulièrement à cœur malgré la diabolisation de ces espèces par les médias et les idées reçues.

 

Le message que Flora aimerait transmettre : “Peut-être que nous pouvons chacun agir à notre échelle et que nous n’avons pas forcément besoin d’être un grand chercheur pour accomplir des choses. La protection de la Nature de manière générale se fait également par l’intermédiaire de nos comportements et modes de vie en tant que citoyens.”


La sortie de l’article de l’IFAW a suscité beaucoup de questions telles que :

  • A quoi servent les ailerons prélevés ? Pourquoi ce commerce existe-t-il?
  • D’après l’IFAW, l’Espagne est la plus grande exportatrice, la réglementation est-elle différente ? Pourquoi ce pays et pas la France ou le Portugal qui sont des pays voisins ?
  • L’Europe est l’une des plus grandes exportatrices d’ailerons, quelles ont été les lois pour limiter ce phénomène et de quand datent elles?
  • Pourquoi la population européenne a décidé de rendre illégal ce commerce à travers la pétition “Stop Finning”? D’où vient cette prise de conscience ?

Ce sont une partie des questions que Flora Plouzeau s’est posée après ses recherches. C’est pourquoi, au travers de cet entretien, nous avons tenté d’y répondre afin d’éclaircir des questionnements qui pouvaient rester flous.

 

 

Les requins coulent, 

Que fait l’Union européenne? 

L’Union européenne joue un rôle clé dans la commercialisation mondiale des ailerons de requin. Malgré quelques mesures de protection prises en faveur des requins ces dernières années, ce commerce se poursuit à un rythme effrayant en Europe. Des citoyens se mobilisent afin de mettre un terme au massacre. 

Face à l’homme, les requins sont devenus des proies. 273 millions de requins meurent chaque année dans nos océans. D’après le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), l’Europe à vu son taux d’exportation d’ailerons de requin augmenter de 17% entre 2003 et 2020. 

Le film américain Les Dents de la Mer a ancré une vision négative des requins dans l’imaginaire collectif. Cette image de prédateur redoutable dévorant des baigneurs est fortement présente. En réalité, la majorité des espèces de squales sont inoffensives pour l’être humain. Mais cela est loin d’être réciproque. Très appréciés pour leurs ailerons et leur chair, les requins et leurs cousines les raies font l’objet d’une pêche intensive depuis de nombreuses années, ce qui menace la survie de nombreuses espèces. L’Union Européenne exporte près de 3500 tonnes d’ailerons par an, principalement vers les pays d’Asie. Un kilo se négocie entre 200 et 500 euros sur les marchés de Chine, Hong Kong, Singapour ou encore Shanghai, sans aucune distinction d’espèces, qu’elles soient menacées ou non. L’Europe jouit ainsi d’une croissance économique tout en participant au massacre des requins, mettant ainsi en péril ces derniers qui jouent un rôle majeur dans le maintien des écosystèmes marins. 

    Une réglementation européenne lacunaire 

La pratique sanguinaire du Shark finning ne cessera pas tant que la réglementation européenne n’empêchera pas une rentabilité financière de cette méthode. Parmi les principaux progrès concernant cette méthode, l’amendement Fins Naturally Attached. D’après l’European Union Law, il interdit depuis 2013 de couper les ailerons des requins directement à bord des navires dans l’espace maritime de l’UE. “Depuis, rien n’a été fait. La plus grande avancée récente a été une initiative citoyenne nommée “Stop finning”, lancée en 2020 et qui s’est terminée en janvier 2022”, explique Martin Grau, vice-président de l’association AILERONS. 

La réglementation de 2013 vise l’interdiction totale en Europe de la pratique cruelle de l’amputation des ailerons. Celle-ci consiste à relâcher par-dessus bord les squales après leur avoir sectionné les nageoires à vif, les condamnant à une mort lente une fois retournés dans l’eau. Toutefois, si une fois pêchés les ailerons restent attachés à la carcasse de l’animal lorsque le navire est déchargé au port, rien n’empêche de les ôter par la suite pour les exporter. 

Dès 2003, la pratique de l’amputation d’ailerons avait déjà été interdite. Les pêcheurs espagnols et portugais pouvaient cependant profiter de dérogations leur permettant de découper les ailerons à bord des bateaux, à condition de conserver également les carcasses. Pendant 10 ans cette dérogation à permis à l’Espagne de continuer ces pêcheries et débarquements. La France n’avait pas demandé de dérogation. L’Espagne avait obtenu près de 200 bateaux équipés qui étaient compris sous cette dérogation. Les requins étaient découpés puis rejetés à l’eau, c’est la partie qui est la plus valorisée et cela permettait de mieux remplir les cales”, poursuit Martin Grau. Toujours est-il que le problème était la possibilité aux navires de débarqués séparément la carcasse et les nageoires dans des ports différents. 

Enfin, les captures accidentelles et involontaires d’espèces non ciblées constituent également une grave menace pour les espèces de requins. Ainsi, bien qu’elles ne soient pas initialement ciblées, de nombreuses espèces de requins, protégées ou non, sont régulièrement victimes de l’utilisation massive de techniques de pêche non sélectives, telles que la pêche à la palangre, le chalut de fond ou la pêche au filet maillant. Dans un tel cas de capture accessoire, le commerce de la chair des espèces protégées devient alors conforme à la réglementation européenne, et permet notamment d’alimenter l’industrie cosmétique et de la mode. “Au-delà de ce commerce d’ailerons, le requin a petit à petit été valorisé d’autres manières. Le secteur de la cosmétique, de la nutraceutique se sont aussi intéressés au coproduit de ces pêches (…) Il y a vraiment plusieurs marchés derrière la pêche de requins même si la première est l’aileron”, témoigne Martin Grau. 

Il existe encore un énorme volume d’ailerons sur le marché mondial, dont l’origine est rarement traçable en raison de l’échelle du réseau. Ils peuvent cependant encore être commercialisés légalement en Europe. Face à cette menace, l’initiative citoyenne Stop finning, stop the trade a été menée durant ces deux dernières années. Les résultats sont encourageants, l’aboutissement de cette initiative a recueilli 1 202 122 de signatures sur les un million attendu. “Cette pétition facilitera l’identification des requins et empêchera la dissimulation d’espèces commercialisées illégalement”, explique Anne-Sophie Mouraud,

Chargée de campagne pour Stop Finning EU. Nous assistons à une prise de conscience globale des citoyens et acteurs européens. Ceci est entre autres dû à un apport de connaissances croissantes sur l’écologie des requins, notamment pour les espèces fortement visées par les pêches, telles que le requin peau bleue ou renard sur nos côtes méditerranéennes. 

En attendant d’aborder ce sujet durant le prochain Conseil européen fin 2022, il est possible d’agir à son échelle en retirant ailerons et requins de ses menus et de ses cosmétiques.